Obésité : les Français prennent du poids
Les données d’ObÉpi montrent que la prévalence de l’obésité (telle que définie habituellement avant 65 ans) n’est pas négligeable ; ensuite, parce que la prévalence de l’obésité chez les « seniors » a augmenté depuis la précédente enquête, indiquant que la génération d’avant guerre n’échappe pas à l’augmentation de l’excès de poids observé dans la population générale.
La dernière enquête nationale ObEpi pour 2009, réalisée par l’Institut Roche de l’Obésité avec la Sofres, et en partenariat avec l’Institut national de la santé et de la recherche médicale et l’Hôtel Dieu de Paris, montre que l’obésité et le surpoids poursuivent leur progression en France depuis une dizaine d’années. La proportion des Français obèses progresse de 14,5 % pour les plus de 18 ans.
La diminution de la corpulence et de la prévalence de l’obésité au-delà de 65 ans est une observation classique. Mais les présentes données sont intéressantes à bien des égards : d’abord, parce que nous manquons d’information sur la prévalence de l’obésité dans la population générale. Les données d’ObÉpi montrent que la prévalence de l’obésité (telle que définie habituellement avant 65 ans) n’est pas négligeable ; ensuite, parce que la prévalence de l’obésité chez les « seniors » a augmenté depuis la précédente enquête, indiquant que la génération d’avant guerre n’échappe pas à l’augmentation de l’excès de poids observé dans la population générale ; enfin, parce que cela nous incite à aller plus avant dans l’étude du retentissement (bénéfices et inconvénients).
Classiquement, il est dit qu’il n’y a pas lieu de s’intéresser à l’excès de poids dans la population des plus de 65 ans. C’était sans doute vrai tant qu’un faible pourcentage de cette population présentait un poids élevé. Mais en est-il toujours ainsi ? L’efficacité des traitements antihypertenseurs, des statines, des traitements du diabète, va allonger la durée de vie des personnes obèses qui mourraient prématurément de maladies métaboliques et cardiovasculaires , laissant le temps aux conséquences articulaires (gonarthrose, coxarthrose), cardiorespiratoires (apnée du sommeil, insuffisance respiratoire, insuffisance cardiaque, troubles du rythme) et cancers de s’exprimer.
Pr Arnaud Basdevant, ObEpi
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