Santé : Nouvelles du jour en France et dans le monde

Subscribe to the RSS Feed

Le don du sang victime de la grippe A ?

Publié le 08 décembre 2009 par La Rédaction (0)

donner-son-sangL’Etablissement français du sang craint de voir son nombre de dons baisser à cause de la grippe A (H1N1). L’EFS redoute une crise pandémique majeure, estimant qu’une grande absence au sein de son personnel mettrait son activité en danger. En guise de cadeau de Noël, l’Etablissement français du sang demande aux Français de faire don de leur sang à cette occasion.

Alors que la campagne de vaccination contre la grippe A H1N1 bat actuellement son plein en France, le nombre des receveurs de produits sanguins ne faiblit pas dans les établissements de santé.

Rappel des besoins et de l’enjeu du don de sang

Depuis 2002, la consommation de produits sanguins a augmenté de 12,5%. Cette tendance pourrait se poursuivre du fait notamment de l’allongement de la durée de vie et du vieillissement de la population, de l’augmentation des prescriptions pour les médicaments dérivés du sang, de l’évolution des techniques médicales. Le recours aux produits sanguins est d’autant plus important que, malgré les progrès de la science, il n’existe aucun produit capable de se substituer au sang humain. C’est pourquoi le don de sang reste irremplaçable et même vital pour de nombreuses opérations chirurgicales, lors d’accouchements, ou encore pour des milliers de malades atteints de pathologies graves comme le cancer, les leucémies, ou de maladies génétiques comme la drépanocytose ou la thalassémie. Par ailleurs, les besoins en plasma, un composant du sang qui sert à la fabrication de médicaments dérivés permettant notamment de soigner les troubles de la coagulation ou les dysfonctionnements du système immunitaire, augmentent fortement.

Sur le National

Priorité de santé publique et déclaré « grande cause nationale 2009 », le don de sang reste pourtant fragile en France. Si 98% des Français sont convaincus que donner son sang permet de sauver des vies, si 34% se déclarent prêts à donner leur sang dans les six prochains mois, on observe que, seulement 4% de la population en âge de donner, soit 1,7 million de personnes, effectue chaque année ce geste citoyen.

Manque de temps, idées reçues à propos du don et son déroulement, peur de la piqûre… Le don de sang n’est pas encore ancré dans les habitudes alors que les besoins sont importants. En 2009, il faudra environ 135 000 dons supplémentaires par an pour répondre à la demande et garantir l’approvisionnement en sang total, plasma et plaquettes. Convaincre de nouveaux donneurs de passer à l’acte et les inciter à donner de façon régulière est donc un enjeu majeur pour l’Etablissement Français du Sang dans les mois et années à venir.

L’approvisionnement en produits sanguins est soumis à une certaine saisonnalité. Ainsi, dès l’approche de l’hiver, les épidémies de gastro-entérites et de grippe saisonnière mais également les fêtes de fin d’année sont des périodes traditionnellement difficiles pour le don de sang.
L’été, les donneurs sont en vacances et chacun a naturellement tendance à oublier que les malades ne le sont pas. Le niveau des stocks diminue parfois fortement.

Risques d’une pandémie de grippe A

Si le risque de transmettre le virus de la grippe A par le sang ou les produits dérivés du sang est aujourd’hui considéré comme proche de zéro, cette situation de pandémie peut néanmoins laisser craindre un risque d’absence non négligeable des personnels de l’EFS en charge de collecter le sang et ainsi une moindre capacité à aller à la rencontre des donneurs, et une baisse importante du nombre de donneurs et ainsi une rupture dans la chaîne d’approvisionnement des établissements hospitaliers et cliniques. Face à ce risque, l’Etablissement Français du Sang se prépare activement depuis plusieurs mois et est aujourd’hui prêt à assurer la continuité de sa mission de service public, à savoir, l’autosuffisance en produits sanguins, partout en France, tout en assurant la sécurité des donneurs et des receveurs.

Une solide préparation au sein de l’EFS

Cette préparation est, en premier lieu, passée par la mise en place d’un « plan-cadre » de continuité d’activité, impliquant tous les établissements régionaux et le siège, pour permettre à l’EFS de fonctionner en « mode exceptionnel »1. Depuis le mois de juin 2009, des « référents pandémie » dans chaque région de l’EFS travaillent à compléter les mesures et les moyens nécessaires à la gestion d’une pandémie. D’une façon générale, l’EFS s’y prépare depuis 2006 et notamment dans le contexte du risque lié au virus H5N1. Ce travail s’appuie notamment sur le retour d’expérience de 4 établissements régionaux ayant réalisés en 2008 des exercices de collecte de produits sanguins en simulation de situation pandémique.

Le président de l’EFS, le Professeur Gérard Tobelem, a également mis en place une cellule de veille et consolidation afin d’analyser quotidiennement les conséquences de la grippe A sur l’activité transfusionnelle en France.

Pour anticiper une chute des dons, des collectes ont été organisées tout au long de l’été, partout en France, notamment sur les lieux de vacances des Français (plages, campings…). Ainsi, les stocks de produits sanguins labiles ont été maintenus à un niveau élevé y compris au mois d’août, mois traditionnellement plus difficile pour l’EFS. Le stock national s’élève en effet à 100 000 poches de concentrés de globules rouges. Un stock de plaquettes congelées de sécurité a également été constitué dans plusieurs ETS.

Enfin, un plan de communication spécifique est prêt à être activé s’il fallait rapidement sensibiliser les Français à l’enjeu capital du don de sang.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , ,

COMMENTAIRES :

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.