Le diabète, une épidémie et des inégalités sociales de santé
Le diabète touche plus de 3 % de la population française et 11 % des personnes de 65 ans et plus. Son augmentation est estimée à plus de 3 % par an. Une étude tenant compte des tendances démographiques et de l’augmentation de l’obésité1 estime qu’en 2016 il y aura près d’un million de diabétiques de plus qu’en 1999. Chez les diabétiques, le risque de développer une maladie cardiovasculaire est élevé.
La France enregistre chaque année 180.000 personnes supplémentaires traitées pour un diabète. Environ 70.000 personnes meurent du diabète, ce qui porte le solde net de progression de la maladie à 110.000 par an, selon le Dr. Alain Weill, chef de service à la Direction de la stratégie, des études et des statistiques de la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS).
L’étude Entred montre que 93 % des personnes diabétiques déclarent au moins un facteur de risque vasculaire en plus du diabète, et près d’un tiers en déclare au moins trois. Ces facteurs de risque sont mal contrôlés dans la population diabétique : les niveaux de pression artérielle et de LDL-cholestérol sont trop élevés et menacent le patient diabétique de complications cardiovasculaires. Les complications microvasculaires du diabète sur le rein, l’œil et les nerfs périphériques sont insuffisamment dépistées bien qu’elles puissent conduire à leur stade ultime à la dialyse, la cécité et l’amputation. Cette situation est aggravée chez les personnes diabétiques âgées qui devraient bénéficier d’un suivi aussi attentif que les personnes plus jeunes. Les examens de dépistage de ces complications, dosage de l’albumine dans les urines, examen du fond de l’œil et examen par le médecin de la sensibilité des pieds au monofilament, doivent être effectués chaque année chez les diabétiques. L’efficacité du traitement du diabète doit être surveillée tous les trois à quatre mois par le dosage de l’hémoglobine glyquée3, pour que le traitement soit intensifié en cas de contrôle insuffisant.
Le Dr Alain Weill de la CNAMTS estime à 110.000 le nombre de nouveaux cas de diabète enregistrés chaque année en France. Il a présenté lors d’un point presse de nouvelles données médico-économiques tirées de l’enquête « échantillon national témoin représentatif des personnes diabétiques » (Entred) de 2007, qui a déjà fait l’objet d’un premier bilan en mars dernier. L’état de santé des personnes diabétiques de type 2 s’améliore en France mais des progrès restent à faire. Tel est le constat des derniers résultats* de l’étude Entred (Echantillon national représentatif des personnes diabétiques) menée en 2007 et comparés aux résultats de 2001.
En seulement 6 années, on constate une baisse à la fois de la pression artérielle, de la glycémie et du cholestérol, quel que soit l’âge. Ces résultats très positifs ont été atteints grâce à une intensification importante des traitements entre 2001 et 2007. Néanmoins, l’obésité présente chez 41 % des personnes diabétiques de type 2 est en hausse (+ 7 %). Les complications du diabète (cardiaques, ophtalmologiques et podologiques) semblent être un peu plus fréquentes. Cette légère hausse s’explique partiellement par un meilleur dépistage et probablement par l’allongement de la durée de vie. Autres enseignements de cette étude : seuls 20 % des personnes diabétiques ont bénéficié d’une consultation diététique, 59 % ont un contrôle glycémique correct (HbA1c ≤ 7 %) et la moitié (51 %) une pression artérielle au seuil ou sous le seuil de 130/80 mmHg. La prise en charge nutritionnelle et les traitements doivent donc être intensifiés. Le dépistage des complications ophtalmologiques, rénales et podologiques du diabète est encore insuffisant. Seule la moitié des personnes diabétiques de type 2 bénéficient d’une consultation ophtalmologique annuelle (49 %), 28 % d’un dosage urinaire de l’albumine et 43 % de la gradation du risque podologique.
Les trois quarts des personnes diabétiques souhaitent des informations supplémentaires sur la maladie, surtout les plus jeunes, celles ayant des complications ou dont la situation financière est difficile. Elles sont peu nombreuses à souhaiter une éducation lors d’entretiens individuels, encore plus rarement collectifs. Pourtant les personnes qui en ont déjà bénéficié déclarent qu’elle les a aidées à mieux vivre avec leur diabète et souhaitent en bénéficier à nouveau. Trois quarts des médecins spécialistes et un quart des généralistes assurent des consultations dédiées à l’éducation thérapeutique, activité toutefois moins développée en ville qu’à l’hôpital. Le manque de temps et de relais sont les principaux freins évoqués dans la mise en œuvre d’une démarche éducative. Les médecins souhaiteraient se former davantage à cette approche et disposer de supports d’information et d’outils d’aide à la consultation.
Ces améliorations de la prise en charge médicale du diabète ont un coût. Les remboursements versés par l’Assurance maladie aux personnes diabétiques (pour leur diabète ou d’autres maladies) sont estimés à 12,9 milliards d’euros en 2007. Cette somme se répartit en 5 milliards pour l’hospitalisation, 3,3 pour les médicaments, 1,2 pour les soins infirmiers, 0,9 pour les honoraires médicaux. Ces remboursements ont augmenté entre 2001 (7,3 milliards) et 2007, de 5,6 milliards en euros constants. Le remboursement moyen atteint 5 400 euros par personne diabétique en 2007, mais avec une forte concentration des dépenses, 10 % des personnes diabétiques concentrant 50 % de ces remboursements. » (Synthèse de l’Institut de Veille Sanitaire). La France enregistre chaque année 180.000 personnes supplémentaires traitées pour un diabète. Environ 70.000 personnes meurent du diabète, ce qui porte le solde net de progression de la maladie à 110.000 par an, selon le Dr. Alain Weill.
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