Grippe A/ H1N1 : Doutes sur les vaccins avec adjuvant
A la demande de l’OMS, les producteurs de vaccin ont donc préparé pendant l’été 2009 un vaccin à partir de la souche A H1N1/09 isolée en Californie. Les rumeurs les plus folles circulent à propos des vaccins contre la grippe pandémique A (H1N1) : ces vaccins ont été mis au point à la va-vite, ils contiennent des conservateurs ou des adjuvants potentiellement toxiques, les essais cliniques ont été bâclés, on manque de preuves scientifiques démontrant leur innocuité et l’absence de danger notamment pour les femmes enceintes et les jeunes enfants.
Mais il faut savoir que ces vaccins pandémiques vaccin, ont pour l’essentiel, la même composition que ceux utilisés sans problème depuis plus de soixante ans contre la grippe saisonnière, et qui sont généralement bien tolérés. Avec ces vaccins, leurs effets secondaires les plus fréquemment observés sont des réactions locales. On observe, plus rarement, une réaction générale avec fièvre, fatigue, etc., rapidement réversible, quant aux complications neurologiques, tel le syndrome de Guillain-Barré, qui se traduit par des paralysies généralement régressives, elles sont rarissimes : 1 cas sur 1 million.
Ce sont les différences entre ces vaccins saisonniers bien connus et les nouveaux vaccins pandémiques qui sont source d’inquiétude : 1. les antigènes viraux sont différents, mais on a l’habitude de les changer tous les ans dans le vaccin saisonnier.
2. la technique de production : l’américain Baxter et Novartis, pour gagner du temps, ont opté pour une technologie nouvelle, qui consiste à multiplier le virus sur des cultures de cellules Vero, des cellules de rein de singe vert africain. Cette technique qui est encore en cours de tests cliniques, n’inspire pas de crainte particulière, elle a été agrée par la FDA. Les autres laboratoires (Sanofi-Pasteur, GlaxoSmithKline (GSK)) recourent à la classique culture sur oeufs embryonnés de poules pour cultiver le virus. d’une façon générale les technologies de fabrication des vaccins antigrippaux ont évolué ces dernières décennies dans le sens d’une meilleure sécurité des vaccins.
3. La présence d’adjuvants, qui sont des produits destinés à amplifier la réponse immunitaire au vaccin, et donc d’obtenir la même réponse immunitaire avec une quantité plus faible de vaccin.
Le laboratoire Sanofi-Pasteur utilise pour son vaccin anti-grippal un nouvel adjuvant, AF03, qui n’a été testé au total que sur quelques milliers de personnes.
L’adjuvant AS03 de GSK a été administré à environ 45 000 personnes.
L’adjuvant MF59 de Novartis est à base de squalène, (de l’huile de foie de requin) c’est le produit qui a été mis en accusation dans le syndrome des vétérans de la guerre du Golfe. Utilisé dans le vaccin saisonnier de Novartis depuis plus de dix ans, il a été administré à plus de 40 millions de personnes dans le monde, dont des groupes à risques et à des immunodéprimés, sans aucune alerte de pharmacovigilance.
Baxter est le seul laboratoire proposant un vaccin contre la grippe A (H1N1) sans adjuvant. Il est plus prudent d’utiliser des vaccins non adjuvantés chez certains groupes de populations (femmes enceintes et nourrissons, notamment).
4. la présence dans les vaccins pandémiques de conservateurs comme le thiomersal contenant du mercure (qui est utilisé pour son intérêt dans la diminution du risque de contamination microbienne) est justifiée par le conditionnement en multidoses. ce produit qui inquiète avait été retiré des vaccins, dans les années 2000, car il a été suspecté d’être à l’origine de troubles comme l’autisme, mais depuis et même après sa suppression, les études épidémiologiques ont montré que cette maladie continuait à progresser indépendamment de lui, ce qui est indirectement rassurant, de même il est utilisé à une quantité infinitésimale qui ne pose en principe aucun problème.
5. Vaccination grande échelle : outre les questionnements sur le bien-fondé d’une vaccination de masse. une campagne à grande échelle, multiplie les risques d’effets secondaires exceptionnels.
Dr Mohamed Kouni CHAHED
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