Alzheimer Archive

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Alzheimer et délais d’attente pour les consultations mémoire

Posted on 01 décembre 2009 (0)

AlzheimerDans le cadre de la prise en charge de la maladie d’Alzheimer, les consultations mémoire situées dans les hôpitaux proposent à toute personne présentant des troubles de la mémoire et/ou des troubles cognitifs (troubles du raisonnement, du jugement, de la compréhension…) une consultation d’évaluation de ces troubles.

Direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins

La consultation mémoire permet soit de rassurer les personnes exprimant une plainte amnésique mais n’ayant pas de syndrome démentiel, soit de diagnostiquer avec fiabilité un syndrome démentiel et le type de maladie.

Le Ministère de la santé et des sports a diligenté en octobre 2009 une enquête afin d’étudier le délai moyen pour obtenir un rendez-vous auprès d’une consultation mémoire en 2009.

Les principaux enseignements de l’enquête sont les suivants : la majorité des structures contactées (78%, soit 321 structures) ont proposé un rendez-vous; le délai moyen de rendez-vous est très correct, à hauteur de 51 jours pour l’ensemble des consultations. A noter que dans 39% des cas, le rendez vous est donné sous deux semaines. Plus largement, dans 79% des cas, il est inférieur à 3 mois.

70% des personnes interrogées qualifient ces chiffres de normaux. Dans 21% des cas, ces mêmes personnes déclarent quele délai est plus long.

L’intervention d’un médecin généraliste pour validation du rendez-vous est une pratique certes minoritaire, mais présente. Ainsi, 21% des structures contactées ont accepté de donner un rendez-vous mais ont précisé qu’une validation préalable du médecin généraliste était indispensable. De même, parmi les 22% des structures qui n’ont pas donné de rendez-vous, c’est dans la majorité des cas (66%)parce qu’un courrier du médecin était nécessaire en amont.

Pour plus d’informations : www.plan-alzheimer.gouv.fr et www.sante-sports.gouv.fr/la-maladie-d-alzheimer.html

Maladie d’Alzheimer : l’oubli fatal ?

Posted on 17 octobre 2009 (0)

AlzheimerLa maladie d’Alzheimer constitue un problème de santé publique dans les pays développés, par l’impact dramatique sur le plan social et familial, et les coûts humains et financiers qu’elle engendre. Il importe aussi de clarifier qu’il s’agit d’une véritable maladie, et non d’une conséquence inéluctable du vieillissement même si l’âge reste le facteur de risque le plus déterminant.

C’est Alois Alzheimer (1864-1915) un neuropathologies allemand du début du XXe siècle qui étudia le cerveau des personnes atteintes de démence, grâce à une nouvelle technique de coloration à l’aniline et des imprégnations argentiques .En 1907, Aloïs Alzheimer décrivit pour la première fois les altérations anatomiques observées sur le cerveau d’une patiente de 51 ans, Auguste D. Atteinte de démence, elle présentait également des hallucinations visuelles et des troubles de l’orientation. En 1911, Alzheimer découvrait un cas identique à celui d’Auguste D.C’est le dr Emil Kraepelin qui proposa que la maladie porte le nom d’Alzheimer, du nom de son découvreur. La maladie d’Alzheimer est une maladie neuro-dégénérative du tissu cérébral qui entraine la perte progressive et irréversible des fonctions mentales et notamment de la mémoire. Ce processus va entrainer une destruction, un dysfonctionnement des neurones et leur mort. Les lésions débutent dans les zones du cerveau impliquées dans la mémoire puis s’étendent progressivement à d’autres régions qui interviennent dans le langage, les capacités gestuelles, le raisonnement….etc.

Elle est due à la présence de deux lésions histopathogéniques bien précises les plaques séniles ( PS) extracellulaires composées de fibrilles de protéines béta-amyloïdes et les dégénérescences neuro-fibrillaires (DNF) composées de la protéine tau ; engendrant une perturbation dans la transmission de l’influx nerveux par déficit en neuro-transmeteurs portant surtout sur l’Acetyl-choline.

Comment se manifeste la maladie d’Alzheimer ?

La maladie d’ALZHEIMER débute habituellement par les troubles de la mémoire, rapportés souvent par l’entourage que par le patient lui même. Des signes avant coureurs peuvent alerter :

-Perte de la mémoire pour les faits récents traduisant une difficulté à retenir et enregistrer une information (oubli des rendez-vous importants, anniversaires, perturbation de la prière).

-Changement d’humeur ou de comportement (le malade devient impulsif, axio-dépressif, agressif ou repli sur soi même.)

-Problème de langage (oublier les mots les plus simples si bien que ses phrases deviennent difficiles à comprendre)

-Désorientation temporo-spatiale ( ne reconnait plus les lieux même les plus familiers au point de se perdre même dans son propre quartier , oublier le jour de la semaine , le mois en cours , et les dates ).

-Perte du jugement et du raisonnement (oublier le robinet d’eau ouvert, s’habiller de façon illogique : en pyjama dans une soirée)……etc.

L’évolution insidieuse qui caractérise cette affection entraine le malade vers un état de dépendance totale vis à vis de son entourage: les troubles mnésiques s’amplifient au point de ne plus nommer ni reconnaitre ses proches ; il est de plus en plus désorienté même dans sa maison générant parfois des états d’agitation et d’agressivité car se sentant parmi des «étrangers» d’où sentiment de menace pour lui ; ses mouvements deviennent moins bien coordonnés d’où difficultés pour s’habiller ,manger , ou aller aux toilettes ,perturbant de façon dramatique sa vie quotidienne dans ses actes les plus élémentaires. A un stade plus avancé c’est toute sa personnalité qui est affecté l’empêchant de toute communication avec son entourage le confinant dans un état de dépendance totale.

Comment diagnostiquer et traiter la maladie d’Alzheimer ?

Le diagnostic de certitude est un diagnostic post-mortem (c’est à dire à l’autopsie ).Même s’il reste difficile dans la phase initiale, le diagnostic est aisément posé à un stade évoluée de la maladie en se basant sur les données de l’examen clinique (examen neurologique ) , la batterie de tests neuropsychologiques , et surtout l’apport de l’imagerie médicale ( scanner et IRM,SPECT,PET ), et demain certains marqueurs biologiques.

Dans l’état actuel de nos connaissances il n’existe pas de traitement curatif pour la maladie d’Alzheimer. Deux types de traitement peuvent être proposés :

-Traitement médicamenteux : la diminution des activités neuronales en relation avec le neurotransmetteur Acetylcholine a conduit à chercher à bloquer les mécanismes de dégradation de cette molécule et à mettre au point des ANTI-CHOLENISTERASIQUES qui aident les terminaisons neuronales malades à conserver leur capacité à transmettre les impulsions nerveuses aux autres cellules nerveuses saines.

En Algérie, nous disposons actuellement d’une seule molécule (DONEPEZIL) indiquée dans les formes légères et modérées de la maladie.

Actuellement l’espoir est fondé sur les prémices de la recherche des médicaments anti-amyloïdes qui agissent directement sur la cause à savoir les plaques séniles (composées de protéine beta-amyloïde) et les dégénérescences neuro-fibrillaires ; et sur la voie immunitaire dans le but d’élaborer un vaccin thérapeutique.

D’autres médicaments peuvent apporter un plus pour les malades comme : les statines qui agissent contre l’hyper-cholestérol, certains anti-inflammatoires et les vitamines E et C.

-Traitement non médicamenteux vise à mettre en place des programmes d’activation cognitive d’entrainement de la mémoire.

La psychologie, l’orthophonie et la kinésithérapie font partie de cette panoplie de prise en charge.

Conclusion et propositions

Décrite il y’a plus d’un siècle la maladie d’ALZHEIMER reste encore méconnue par manque d’information dans les médias et l’absence de travail associatif ; sous estimée par les pouvoirs politiques et toutes les institutions faisant craindre un «tsunami» économique de par son impact dramatique sur le plan social quant à sa prise en charge appelée à augmenter de façon exorbitante et de par le manque d’études épidémiologique et statistique s’y rapportant à cette affection ;sous diagnostiquée par manque de formation de spécialistes en ( neurologie , neuropsychologie , gériatrie , orthophonie ….) , par manque de moyens d’investigation ( laboratoires d’analyses , neuroradiologique…). l’absence d’un traitement curatif ne doit en aucun cas justifier l’esprit fataliste dans lequel est plongée et les malades et leurs familles ,et la communauté médicale , car l’arsenal thérapeutique actuel peut retarder le passage à la déchéance de quelques années si le diagnostic est posé au stade de début.la prévention des facteurs de risque (maladies cardio-vasculaires ,consommation excessive de tabac et d’alcool , diabète, faible niveau scolaire, et l’exposition à certaines substances toxiques … ),combinée à un régime alimentaire sain , l’exercice physique et l’entrainement mental peuvent s’avérer comme une protection contre cette affection.la maladie d’Alzheimer sauf dans une infime partie n’est pas héréditaire.

De ce qui précède, il devient impératif de:

-Introduire dans le cursus de formation médicale un module de gériatrie.

-créer la spécialité de gériatrie à l’instar de la pédiatrie.

-Créer une capacité de gériatrie de courte durée pour les médecins généralistes pour pouvoir suppléer au manque flagrant de spécialistes dans ce domaine.

-Développer les centres de recherche et la formation des professionnels de santé dans ce domaine.

-créer des consultations MEMOIRE au moins une par wilaya.

-Améliorer la qualité de vie des malades et des aidants en développant les possibilités d’accueil de jour dans les structures non hospitalières (de répit).

-aider financièrement le malade et les aidants.

-Développer la réflexion éthique et juridique qui entoure la maladie.

-Améliorer la prise en charge psycho-sociale du malade et des aidants.

-Encourager les études épidémiologiques et statistiques.

-Impliquer les institutions publiques et les laboratoires pharmaceutiques dans le financement de la formation, la recherche moléculaire, thérapeutique et épidémiologique.

Enfin, cette année la journée mondiale dédiée à la maladie d’Alzheimer coïncide avec la célébration de Aid El Fitr symbole de solidarité, espérons que le mot «oubli» perdra de son poids chez les malades pour que leur mémoire s’améliore, et chez nos dirigeants et la société pour une meilleure prise de conscience. Espérons!

Dr. Messaoud Med, Neurologue.

* SAIDA. Secrétaire générale de l’association des neurologues libéraux (ANLO)