Blanchiment de la peau : « Séduire oui, se détruire non »
« Séduire oui, se détruire non », tel est le slogan choisi par la Mairie de Paris pour sa première campagne de prévention des dangers du blanchiment de la peau noire à l’aide de crèmes éclaircissantes. La peau claire est « un critère de beauté pour de nombreux hommes africains », ce qui pousse 20% des femmes de la communauté afro-antillaise à recourir à cette pratique en France.
La mairie de Paris a lancé mardi une campagne d’information et de prévention sur les dangers de la dépigmentation ou du blanchiment des peaux noires. Environ 20% des femmes d’origine afro-antillaise de Paris et ses environs ont recours à des produits éclaircissants, dont certains ont des effets très nocifs pour la santé. La campagne s’accompagne d’un guide pédagogique et d’une Bande Dessinée (BD). Une soirée-débat a eu lieu le 3 novembre à l’Hôtel de Ville parisien et une fête sera organisée à la mairie du 18e arrondissement de Paris le 7 novembre prochain. Découvrez dans la vidéo ci-dessous les explications d’un dermatologue sur les risques liés aux crèmes éclarcissantes.
Les produits éclarcissants disponibles sur le marché peuvent nuire gravement à la santé des femmes noires, puisqu’ils sont fabriqués à base de cortisone, de corticoïdes ou de stéroïdes. Ces produits altèrent la mélanine qui colore et protège la peau. Fragilisée par le traitement, celle-ci est plus sujette aux infections. C’est le principal message de cette campagne inédite lancée par la mairie de Paris, en collaboration avec l’Unité de réflexion et d’action des communautés africaines (URACA). Des affiches sont disposées dans les 10e, 18e et 19e arrondissements dès ce mercredi 4 novembre 2009. Un guide pédagogique , ainsi qu’une bande dessinée sont aussi publiés.
L’usage des crèmes pour éclarcir la peau est une pratique très répandu à Paris et en région parisienne. On estime à 20% le nombre de femmes de la communauté afro-antillaise qui ont recours à ces produits. Jean-Marie Le Guen explique que « cette campagne de santé publique vise à les mettre en garde sur les dangers auxquels elles s’exposent ». Rappelons que Jean-Marie Le Guen est chargé de la santé publique et des relations avec l’AP-HP. Il estime que les femmes concernées n’ont probablement « pas conscience des risques encourus ».
Les premières séquelles peuvent être gravissimes : acné résistante, détériorations majeures de l’épiderme, brûlure, allergies, hypertension, diabète, cancer de la peau, insuffisance rénale, perturbation du cycle menstruel, problèmes osseux, la perte de la vue, addiction.


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