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Recherche nationale : Autopsie d’un échec annoncé

Posted on 13 octobre 2009 (0)

RechercheCette contribution tentera de mettre en lumière la problématique de la programmation de la recherche comme un des principaux obstacles qui entrave notre système de recherche.

D’abord, nous exposerons de manière non exhaustive l’intérêt de programmer les activités de recherche ainsi que le processus de programmation. Ensuite, nous ferons un examen critique de la nouvelle loi de programme pour la recherche. Nous terminerons enfin par une conclusion en y proposant une série de pistes d’action pour une revitalisation de notre système que nous croyons inévitable en ce moment privilégié de l’histoire, une chance à saisir.

Dans notre pays, la programmation des activités de la recherche relative à l’élaboration d’une politique nationale (policy-making) de la science et de la technologie (S&T) a été identifiée comme une des principales problématiques qui paralysent la contribution du potentiel humain et matériel au développement économique et social (1). Car l’un des objectifs fondamentaux d’une politique scientifique et technologique nationale est de mettre les produits des activités de la R&D** et les activités des SST*** au service du développement national.

Cependant, cet objectif ne peut être atteint que si les programmes et projets de la R&D sont inspirés et orientés selon les objectifs du plan de développement national ou d’une stratégie de développement, mais également que si l’ensemble de la démarche du processus d’innovation – c’est-à-dire la séquence Recherche-Développement-Production-Commercialisation – est vécue concrètement de bout en bout, au moins dans quelques domaines choisis pour l’impact qu’ils peuvent avoir sur la mutation à accomplir dans les structures économiques et sociales à travers l’émergence de technologies originales et adaptées ; «une première étape dans cette voie est celle de la transformation des objectifs du développement national en termes de programmes scientifiques et technologiques à la fois précis et concrets à effectuer dans le pays» (2). Cette question de management est donc primordiale et fondamentale.

Il est par conséquent d’une importance capitale que tous les acteurs (politiques, chercheurs, universitaires, entreprises, syndicats, financiers, médias, etc.) prennent conscience de la complexité et de l’intérêt de la programmation de la recherche non seulement pour la vitalité économique et sociale, mais aussi pour la valorisation des ressources humaines et naturelles que recèle notre pays.

En effet, la mise en oeuvre d’un tel processus est incontournable à la mise au point des outils de gestion de la R&D nationale au développement économique et social et à l’exploitation durable des ressources humaines et naturelles. Il constitue en fait pour notre pays le chaînon manquant de l’approche intégrale, globale et équilibrée de la gestion efficace du mouvement des idées et celui des réalisations concrètes. Il se nourrit des techniques, mais les techniques sont inopérantes si on y recourt en dehors de lui. Par contre, si cette mise en oeuvre inclut quelques défauts sur le plan de la disponibilité des hommes, sur le manque de confiance existant entre différents partenaires, sur l’absence de consultation des milieux concernés (milieu scientifique, milieu des décideurs, public au sens large), alors il y a toute chance qu’un échec vienne conclure les travaux de programmation, et ceci, quelle que soit la technique utilisée (3). Il est donc indispensable de développer la coordination et la concertation à tous les niveaux du système de recherche à travers un processus participatif afin d’agir avec cohérence et intelligence et donner du sens à la démarche pour répondre au mieux aux besoins et aux attentes de la société. Car la gestion du développement exige de ceux qui en sont responsables une vision aussi lucide que possible des éléments et interactions qui sont impliqués dans le processus complexe du développement. La prise de conscience de cet aspect incontournable doit nous permettre de mieux comprendre comment se pose aujourd’hui le problème de la recherche scientifique et le développement technologique en Algérie et quelles solutions peuvent être envisagées dans le cadre de ses interactions avec les diverses activités économiques et sociales. La tâche est d’autant plus indispensable et urgente qu’elle intervient dans une conjoncture très particulière de notre histoire marquée par des opportunités exceptionnelles, une chance à saisir.

L’analyse faite sur l’évolution des pays dits émergents dont la Chine, la Corée du Sud, Taïwan, on ne le répétera jamais assez, montre que leur succès résulte de l’habile agencement de la politique scientifique et technologique et la politique générale et ce, grâce à leur lucidité, leur ténacité, au progrès réalisé dans la S&T utilisée à bon escient, à l’attention accordée au processus de gestion de S&T et les liens à établir entre S&T et les objectifs sociaux et économiques. Décidément en Algérie, tous les gouvernements qui se sont succédé ont adopté des politiques de colmatage, qui n’ont eu d’autres résultats que le maintien du statu quo plutôt qu’une transformation en profondeur qu’elles doivent enclencher sans plus tarder. Sinon, comment expliquer alors que l’Algérie ne soit pas parvenue aux résultats de ces pays, partis pourtant du même point et avec moins de ressources propres, qu’ils ont atteint en l’espace de quarante ans seulement. Et il est temps que les politiques s’imprègnent de cette évidence, et il y va de leur responsabilité, d’où la nécessité d’adopter une politique claire de planification et de programmation articulée autour de la S&T. C’est faire preuve de myopie politique à ne pas le comprendre !

La planification, répétons-le, est de nature essentiellement politique et stratégique. Et cela n’a rien à voir avec la planification centralisée de l’économie planifiée, telle qu’elle était pratiquée dans les années 1970. Ce sont des responsables de haut niveau dans le gouvernement ou dans les sphères socio-économiques les plus élevées qui en définissent les contours, qui prononcent les premiers les termes qui seront retenus plus tard comme objectifs, qui suggèrent les ordres de grandeur financiers, les délais, les institutions éventuelles d’exécution. Bien entendu, ces personnalités n’inventent pas tout cela. Ils ne font que traduire des demandes collectives ou professionnelles, des informations sur la concurrence internationale, des grands enjeux internationaux et nationaux en matière scientifique et technologique, quelle pertinence ces enjeux peuvent avoir à moyen et long terme pour le bien-être du pays, des impressions personnelles. Ce sont des preneurs de risques (pour la Nation et, secondairement pour eux) conseillés sur le plan scientifique et technologique par des personnalités au plus haut niveau dans leur pays, et le plus souvent reconnus internationalement par la communauté scientifique.

Quant à la programmation, contrairement à la planification et au budget, elle est un lieu de passage permettant de comprendre le mouvement des idées et celui des réalisations concrètes. Les hommes qui composent ce milieu sont donc d’origines et de profils très divers et c’est leur hétérogénéité qui identifie le mieux la catégorie professionnelle des programmateurs. On y trouve du monde scientifique, des budgétaires, des politiques, des régionaux qui assurent une couverture territoriale du pays.

Dans tous les cas, ces experts sont avant tout un carnet d’adresses dans leur spécialité. La programmation assure la communication entre la planification et la budgétisation. Ce rôle d’intermédiaire est la principale caractéristique qui la définit le mieux.

Qu’en est-il de la programmation de la recherche dans notre pays ?

Avant de faire une autopsie à visée scientifique pure et rationnelle, tout en évitant de se perdre dans les détails secondaires, il me semble utile et important de rappeler quelques notions du processus de la programmation applicables à la gestion de la R&D nationale – concepts liés à la gouvernance, très en vogue aujourd’hui – qui permettent de mieux cerner et comprendre la problématique de la recherche. C’est pourquoi, nous allons d’abord répondre à la question de manière non exhaustive, qu’est-ce que la programmation des activités S&T?

La programmation pluriannuelle des activités S&T, comme dit ci-haut, est globale par nature. Elle assure le lien entre le plan (ou stratégie qui s’y substitue, en cas d’absence de plan) et le budget annuel (qui, lui, existe toujours). C’est une tactique d’emploi des ressources financières (réparties entre plusieurs institutions) pour atteindre le mieux possible et de manière cohérente les objectifs nationaux fixés par l’Etat (ces objectifs correspondent souvent à des fonctions politiques de l’Etat).

Les programmes sont généralement pluriannuels et pluri-institutionnels. Et dans une optique de suivi et d’amélioration de l’efficacité des actions de recherche, les programmes sont parfois révisés annuellement (programmes à horizon glissant).

On distingue deux types de programmation de la R&D :

1/ La programmation descendante et normative où les thèmes et projets de recherche qui composent les divers programmes sont en quelque sorte imposés d’en haut par l’organe responsable de la politique S&T aux institutions et unités de recherche chargées de leur exécution.

2/ La programmation ascendante et réactive où ce sont les unités et institutions de recherche dans le cadre de leurs comités de programmes qui suggèrent les thèmes et projets de recherche en haut lieu ; ceux-ci sont acceptés, amendés ou rejetés, compte tenu de leur pertinence par rapport aux priorités du développement national, et d’autre part de leur compatibilité avec les objectifs et les moyens du système scientifique et technologique national.

En réalité, il s’agit fréquemment d’un processus dialectique combinant ces deux types de programmation. Préalablement, cela suppose que la détermination d’objectifs socio-économiques précis en termes de problèmes prioritairement «pondérés» ainsi que leur transposition en termes techniques; la traduction de ceux-ci en objectifs/problèmes scientifiques et technologiques; l’inventaire des moyens disponibles : humains, financiers, institutionnels, en équipement et en information, c’est-à-dire le potentiel scientifique et technologique national, soient clairement établis.

La programmation de la R&D est un processus long qui exige un grand nombre d’opérations et dont la démarche exige une période de temps relativement longue, plus de cinq par exemple. Néanmoins, pour éviter que des événements économiques et politiques viennent remettre en cause les engagements pris au moment de l’élaboration initiale de la programmation, une astuce procédurière bien connue en démocratie parlementaire, qui consiste à faire acter des engagements par voie législative, en transformant la programmation en loi programme pour une durée jugée convenable (cinq ans ou plus). Une telle démarche, qui assure aux programmes de R&D une réalisation sur une longue période est généralement réservée aux réalisations stratégiques du pays (Défense nationale, énergie, télécommunications, etc.).

Dans ce contexte, pour combler le retard pris en Algérie et remédier aux lacunes en matière d’élaboration d’une politique scientifique et technologique, l’Etat a créé en janvier 1992 deux instruments chargés d’élaborer et d’appliquer cette politique à travers deux décrets exécutifs portant création, fonctionnement et organisation : des commissions intersectorielles de promotion, de programmation et d’évaluation de la recherche scientifique et technique ; et du conseil national de la recherche scientifique et technique (CNRST), présidé par le chef du gouvernement. Tout récemment, en ce sens qu’une loi a été votée et promulguée par le chef de l’Etat (loi n°08-05 du 23 février 2008), modifiant et complétant la loi n°98-11 du 22 août 1998 portant loi d’orientation et de programme à projection quinquennale sur la recherche scientifique et le développement technologique. Celle-ci définit toute une série d’objectifs du développement socio-économique du pays. De toute évidence, cela suppose que le politique ait réellement des objectifs politiques.

Ce qui n’est pas nécessairement le cas puisque l’organe chargé de les fixer et déterminer les priorités relatives ne s’est jamais réuni, en l’occurrence le CNRST. C’est aussi le reflet de la situation de nos systèmes politiques. Cette loi, bien qu’applicable à la R&D, est en fait un véritable fourre-tout où l’on mélange absolument tout : les sciences de l’ingénieur et les sciences sociales et humaines. La simple lecture de la loi suffit pour se rendre compte, il en ressort une série d’amalgames. En effet, la loi dans son article 3 du titre I de ses dispositions générales ainsi que dans l’article 10 du titre II de la programmation nationale de la recherche fait dans la confusion dans la formulation des objectifs sectoriels et scientifiques.

Ceux-ci devraient être élaborés à partir d’une nomenclature d’objectifs spécifiques applicable aux activités S&T au développement. Pareillement, la confusion entourant la priorisation des programmes nationaux de recherche, ceci relèverait plutôt des commissions intersectorielles que le CNRST (article 10 bis).

Dès lors que le rôle de ce dernier est principalement dans les déclarations d’orientation politique et les stratégies qu’il sera appelé à émettre périodiquement en matière de développement national et ce, conformément aux attributions qui lui sont dévolues par le décret susvisé n°92-23 du 13 janvier 1992.

Quant au financement du programme de la recherche, le texte dans le rapport annexé de ladite loi fait référence, en tant que base de calcul, à un certain principe de l’estimation de l’effort à consentir par l’Etat. Ce principe, dénué de tout fondement rigoureux, est un véritable défi au bon sens qu’un grand commis de l’Etat n’oserait même pas le présenter. En effet, il est dit clairement que «l’estimation du nombre de projets est faite sur la base de l’effectif chercheurs et en considérant qu’un projet de recherche est mené en moyenne par 6 chercheurs et que deux tiers des effectifs chercheurs auront des projets retenus», et d’autre part que «le coût unitaire annuel moyen d’un projet de recherche a été évalué à 1,5 million de DA». Cette démarche discordante dans la gestion des dépenses de recherche va dans le sens inverse des priorités et des préoccupations qui font référence à des considérations de pertinence (adéquation à des besoins nationaux) et d’opportunité politique (socio-économique ou culturelle). D’autant plus qu’elle ne prend pas en considération la diminution continue des effectifs de chercheurs aggravée par le phénomène de fuite de cerveaux. Donc, elle ne permettrait pas de traduire les préoccupations précitées, assorties de critères, pour la priorisation des activités de recherches répondant au mieux aux besoins socio-économiques.

Quant à cette question de budget de R&D, elle est très importante et sa détermination est étroitement liée à une volonté politique affichée envers l’application de la S&T dans le développement socio-économique du pays. Dans les économies sensées et rationnelles, le budget de R&D est rapporté au produit national brut (PNB), et aux éléments comparatifs qui sont fréquemment utilisés pour orienter la programmation budgétaire pluriannuelle.

Et sa répartition s’effectue selon l’ordre des priorités de programmes. La loi en question affiche 30 objectifs de la recherche scientifique et de développement technologique, alors qu’en fait il s’agirait plutôt d’objectifs socio-économiques devant être arrêtés par le CNRST, et 34 programmes nationaux de recherche dont certains expriment plutôt des objectifs socio-économiques, engendrant une confusion dans les objectifs. A trop vouloir entreprendre, dans cet esprit empreint de confusion, on risque de sombrer dans l’excès utopique et de perdre toute crédibilité auprès des scientifiques dans leur mobilisation pour le développement. On ne voit pas comment les uns interagissent avec les autres. Et on se demande pourquoi il y a tant d’infertilité.

Un autre paradoxe à relever, il est regrettable, dans un pays comme le nôtre, qu’une loi n’ait pas consacré un chapitre au transfert de technologie qui constitue l’instrument privilégié par excellence de l’innovation. Comme nous l’avons déjà fait observer, le transfert de technologie ne peut réussir que si un grand nombre de conditions sont réunies simultanément où l’essentiel reste évidemment le facteur humain. Et que toute tentative de développement technologique autonome est vouée à l’échec. Une autre question qui reste entière dont la loi n’en fait nullement mention, disposons-nous d’un inventaire exhaustif et fiable de notre potentiel scientifique et technologique, c’est-à-dire de l’ensemble des ressources disponibles aux fins d’étude de tous les problèmes que pose l’application de la S&T ?

De surcroît, une autre catégorie de chercheurs oubliée par la loi sur la recherche : les doctorants.

Cette catégorie de chercheurs est à considérer en tant qu’acteurs à part entière au niveau du système de recherche si l’on veut qu’elle participe activement à l’effort national de recherche, d’autant plus qu’elle doit représenter une proportion importante de notre potentiel scientifique.

Un aspect qui mérite d’être souligné est que les chercheurs soient dotés d’un statut différencié et susceptible de les motiver aussi bien au plan matériel que professionnel. A cet égard, la définition des centres d’excellence, reconnaissant implicitement la nécessité d’un élitisme scientifique, va du reste dans ce sens.

Et ce n’est pas en développant un statut égalitariste, comme celui qui vient d’être promulgué, avec un salaire de misère pour l’ensemble des chercheurs que l’élitisme scientifique verra le jour. Le principe de base de l’organisation est de dire «définir qui fait quoi», cela implique une catégorisation plus forte dans le statut des chercheurs et des institutions de recherche. Sans ce terrain humain et celui pour le développement institutionnel, à développer progressivement, il n’est pas utile de perdre son temps à écrire des rapports de programmation de la recherche : ils resteront des rapports et ne seront jamais appliqués.

Par ailleurs, l’autre problème majeur auquel l’on est aujourd’hui confronté qui ne fera qu’enliser notre système de recherche, répétons-le, est toutefois celui de l’absence de personnels de planification, d’organisation et de gestion des activités scientifiques et technologiques et leur intégration au sein des stratégies (1).

Autrement dit, les spécialistes capables de décrire et d’évaluer le potentiel scientifique et technologique dans son évolution ultérieure, d’anticiper le changement des techniques de production et de tous les éléments non matériels (connaissances fondamentales, méthodes et procédés) qui sont associés au progrès technologique, d’adapter et d’optimiser les ressources au regard des objectifs à atteindre.

Disposons-nous, dans ce contexte, des services scientifiques et technologiques (SST) dignes de ce nom, indispensables pour surmonter les problèmes posés par le passage de la recherche scientifique au développement technologique et de celui-ci à la mise sur le marché d’un produit ? On voit mal comment dans une telle situation les résultats de la recherche pourraient aboutir à la création de produits et de nouveaux procédés et dans quel délai pourraient-ils aboutir.

La disponibilité de ces informations et d’un potentiel humain adéquat et adapté à ses différentes missions est indispensable pour apprécier les forces et les faiblesses du système de recherche, déceler les inadaptations et les déséquilibres, évaluer la cohérence interne et externe des activités de recherche, et apprécier les activités de recherche des universités, des établissements de recherche et des services scientifiques et techniques. Ce n’est que lorsque nous disposons de ces informations que les responsables peuvent résoudre les problèmes d’organisation, orienter efficacement l’effort de recherche, définir les mesures propres à favoriser le développement de la S&T dans notre pays, en un mot, formuler une politique en fonction de nos choix stratégiques. Faute de quoi, les nouvelles démarches n’aboutiront à aucun résultat valable, et s’ajouteront aux échecs précédents, que l’histoire enregistrera sur le compte de ceux qui en sont responsables, et que les nouveaux fonds alloués à la recherche scientifique estimés à 100 milliards de DA seront perdus et l’investissement n’est finalement pas rentabilisé.

En guise de conclusion, nous réitérons la véritable question qui mérite d’être posée aujourd’hui connaissant ces problèmes pour sauver l’avenir, c’est comment construire alors une stratégie globale insérée dans un environnement international où le potentiel national humain et technologique n’est pas au rendez-vous ? Dans cette perspective et à la lumière de ce qui précède, il paraît essentiel et primordial dans la recherche de toute solution liée à une définition d’une stratégie de développement global, harmonisé et durable de constituer des capacités dans le domaine du management des activités scientifiques et technologiques.

Face aux attentes culturelles, sociales et économiques, il est nécessaire de mettre fin à la gestion à tâtons, à l’incohérence de notre système de recherche, à la dispersion et au gaspillage des ressources qui seraient de nature à détruire plutôt qu’à construire et qui relève des constatations évidentes. Pour ce faire, il nous parait utile de réitérer une série de pistes d’actions pratiques :

1/ Développer les compétences managériales dans le domaine de la S&T pour l’élaboration de politiques, la collecte, l’analyse et l’exploitation des données statistiques, la planification, la programmation des activités scientifiques et technologiques ainsi que du processus de leur intégration dans le plan de développement et autres méthodes de management. L’expérience acquise par certains pays dits émergents d’Asie, notamment la Corée du Sud, pourrait se révéler fort instructive pour l’Algérie, qui pourrait apporter sa contribution utile dans ce domaine de management.

2/ Favoriser et encourager le transfert vers notre pays d’activités d’innovation à forte valeur ajoutée des compétences nationales expatriées ciblant des objectifs économiques en fonction de la demande des marchés internationaux au sein des pôles de compétitivité, de manière à induire la création d’un potentiel d’innovation technologique local.

3/ Commencer à créer un potentiel national dans quelques créneaux porteurs des technologies universelles et favoriser la politique de réseau, de manière à articuler développement économique et potentiel scientifique et technologique et à jeter les bases des futurs points forts de la seconde phase d’industrialisation du pays.

4/ Contribuer à consolider les objectifs de développement à fixer. Ceux-ci doivent correspondre à un choix de valeurs que se donnera notre société et de prévoir les impacts probables de la stratégie envisagée grâce aux apports des spécialistes en sciences sociales. Les sciences de la communication en particulier peuvent aider à dégager et comprendre les facteurs qui contribuent à la création d’un climat favorable au développement de la S&T.

Les médias sont des instruments indispensables dans la réalisation des tâches du développement économique, social et culturel. Judicieusement utilisés, les médias peuvent être de précieux facteurs d’animation, d’éducation et de progrès.

Rare est le regard de celui qui voit et qui scrute les signes des temps qu’il est des instants privilégiés de l’Histoire, comme un rendez-vous avec le Destin, où une politique paraît menacée de tous les dangers, alors qu’en réalité le péril dégage l’horizon d’une manière tellement décisive qu’il présente plus d’avantages à éclater au grand jour que de risques pour l’oeuvre ; car les obstacles qu’il met en évidence éclairent si bien la situation qu’ils ressemblent davantage à des appels à une stratégie, comme un rappel à l’ordre, qu’à des barrières dressées sur le chemin à parcourir.

Il en est ainsi de l’évolution actuelle de notre société où les principes de morale politique sont bafoués, alors que nous avons tout ce qu’il faut pour relever le défi dans le siècle qui s’ouvre devant nous, caractérisée par une conjoncture favorable : une économie mondiale ouverte et interdépendante ; une désagrégation de la chaîne de valeurs dans les secteurs des technologies universelles ; et une aisance financière. Nous avons des atouts, les ressources minérales et énergétiques. Nous avons la capacité humaine aussi bien locale qu’expatriée possédant des qualités ancestrales susceptibles de s’actualiser et d’accomplir le miracle. Il y a plusieurs raisons de garder espoir et de l’entretenir.

Aurons-nous la volonté ou la sagesse de les mettre à profit et, surtout, le courage politique de passer à l’action ? Plutôt que de tourner le dos à une société en mal de vie et de rejeter notre responsabilité sur les autres qui ne peut, en effet, que nous porter préjudice, nous devons plutôt assumer pleinement notre responsabilité, comme dit ailleurs, pour un projet de société ; c’est là l’essence même de l’humanité.

Dr. Mohand Tahar B., Docteur en microélectronique, Maître de recherche /CDTA

(**) LA Recherche et Développement (R&D) : désigne globalement les activités de recherche et de développement technologique qui, de façon complémentaire à court ou à long terme, conduisent à l’application de nouveaux procédés et la production de nouveaux produits. La R&D recouvre les trois types d’opération de recherche : recherche fondamentale, recherche appliquée et développement expérimental.

(***) Les Services Scientifiques et Technologiques (SST) : recouvrent les essais, la normalisation, la métrologie, le contrôle de qualité, la collecte et le traitement des données scientifiques, les collections scientifiques et technologiques, la diffusion de la documentation et des données scientifiques, la vulgarisation, le dépôt de brevets et l’enregistrement des licences, etc.

Dr. Mohand Tahar Belaroussi, Maître de recherche /CDTA Docteur en microélectronique

Références :

1. Recherche scientifique et politique de développement : Quelle orientation pour la gouvernance ? M.T. Belaroussi, El Watan Economie, 30 juin 2008.

2. Introduction à l’analyse politique en science et technologie, Etudes et documents de politiques scientifiques – UNESCO, n°46 (Paris, 1981).

3. Méthodes de programmation applicables à l’orientation et à la gestion de la R&D nationale, Etudes et documents de politiques scientifiques – UNESCO, n°68 (Paris, 1990).

Sur fond de tensions géopolitiques au Moyen-Orient et en Russie

Quelle formation pédagogique du pharmacien en Algérie ?

Posted on 13 octobre 2009 (0)

PharmacieFascinées par le modèle de formation occidentale, nos facultés n’ont pas toujours su repenser leur programme et leur finalité. La vieille Europe, qui se cherche encore, dans ce domaine, nous a, d’une certaine manière, empêchés de donner naissance à un enseignement pharmaceutique intégré à notre milieu.

Mais tous les universitaires algériens ne sont pas résignés. Bien au contraire. Ils sont en train de réfléchir sur la réforme des programmes. Ils cherchent à établir une adéquation entre les besoins réels de notre pays avec le profil du pharmacien. En effet, le jeune pharmacien qui achève ses études se trouve confronté à des problèmes concrets auxquels il n’a jamais été préparé: problèmes de gestion, problèmes psychologiques, spécifiques à notre population, problèmes d’insertion dans l’équipe médicale à l’hôpital, problèmes liés à l’exercice de la profession dans des milieux déshérités, etc.

Il s’agit donc d’avoir l’audace d’entreprendre, dans une première étape, une vaste campagne de consultation qui donnerait voix au chapitre à tous ceux qui peuvent formuler des idées nouvelles capables de rapprocher davantage le pharmacien des réalités de son environnement algérien.

- Faut-il continuer à enseigner un programme appris dans les facultés européennes qui ne correspond en aucun cas à notre pathologie ?

- Faut-il dispenser des cours magistraux alors que dans certains pays des ateliers de recherches et de réflexion ont pris’ le pas sur les «amphis’» du début du siècle ?

- Faut-il délivrer un diplôme unique de pharmacien pour des étudiants qui n’ont pas suivi le même cursus en Algérie?

- Faut-il laisser en suspension et à titre d’exemple des travaux de thèses finalisées, soutenables et validées ?

Si la formation continue devient une nécessité absolue pour toute personne assumant une responsabilité au sein de la santé publique ; en particulier, la formation des cadres au niveau de l’université doit elle-même évoluer afin qu’elle s’adapte aux besoins de la société. En ce qui concerne l’Algérie, je peux dire que les professions pharmaceutiques ont pleinement joué leur rôle au service de la santé et de l’économie. Elles ont suivi le rythme du développement rapide qu’a connu le pays depuis l’indépendance.

Pour situer le problème de la formation du pharmacien dans ce contexte, permettez-moi de donner un aperçu de la situation de la pharmacie et des pharmaciens en Algérie.

Actuellement, plus d’un millier de pharmaciens exercent en Algérie. Leur répartition par secteur d’activité est la suivante:

- Pharmaciens «officines».

- Pharmaciens grossistes répartiteurs.

- Pharmaciens biologistes privés.

- Pharmaciens assurant la représentation scientifique des laboratoires.

- Pharmaciens exerçant une activité technico-administrative.

- Pharmaciens des hôpitaux.

- Pharmaciens biologistes hospitaliers.

- Pharmaciens résidents en biologie clinique et sciences fondamentales.

- Pharmaciens exerçant des fonctions diverses dans le secteur public ou semi-étatique.

- Cadres des départements de pharmacie.

Des textes législatifs font de la profession l’une des plus réglementées en Algérie. Ainsi, chaque confrère exerce dans un cadre juridique bien défini.

La formation des pharmaciens exerçant en Algérie a été assurée traditionnellement, et pour des raisons historiques à la faculté mixte de pharmacie et de médecine d’Alger-centre. Cependant, après l’indépendance, cette formation s’est quelque peu diversifiée. Des pharmaciens, quoiqu’en petit nombre, ont été formés dans les autres pays francophones, essentiellement en Belgique et plus rarement en Suisse. Il faudrait ajouter qu’un certain nombre de pharmaciens ont été formés en Algérie et quelques rares autres dans les pays du Moyen-Orient, notamment en Egypte, Syrie et Irak.

L’enseignement de la pharmacie en Algérie, et plus précisément à la Faculté d’Alger, a débuté avant la faculté de pharmacie de Paris de 15 ans. Cette faculté a déjà sorti 4 promotions, totalisant un nombre limité de pharmaciens algériens. L’enseignement prodigué est fortement inspiré des programmes des facultés françaises.

La question qui se pose à nous, et qui est à l’ordre du jour dans notre pays, est la suivante:

- La formation de nos pharmaciens répond-elle à nos besoins, tant sur le plan qualitatif que quantitatif ?

- Dans quel sens cette formation doit-elle évoluer pour permettre aux professions pharmaceutiques de jouer pleinement leur rôle au service de la société algérienne ?

LES PROBLèMES

On peut dire, sans risque de se tromper, que le pharmacien sortant de la faculté trouve des difficultés énormes pour assumer ses responsabilités, quel que soit le domaine d’activité qu’il a choisi pour faire sa carrière. Ce qui montre qu’actuellement les études en pharmacie n’ont pas pour finalité de donner aux étudiants un métier, mais plutôt une formation de base qui est supposée suffisante pour permettre au futur diplômé d’exercer son art dans les différents domaines où il est réputé apte à exercer.

Cette situation est le résultat du fait que, formés à l’étranger, ou dans notre pays, selon un modèle étranger, nos jeunes confrères acquièrent une formation qui, le moins que l’on puisse dire, ne répond pas à nos besoins. J’irai même jusqu’à dire qu’elle ne répond plus aux besoins du pays que nous avons pris pour modèle, car ce pays est en train d’étudier la réforme de ses propres études en pharmacie. Historiquement, les pharmaciens de l’ancienne génération ont été formés en France selon un modèle qui a été depuis modifié, voilà une trentaine d’années.

Le cursus des études en pharmacie commençait par une année de stage obligatoire dans une officine, sous la responsabilité d’un maître de stage. La dernière année des études devait permettre à la faculté de juger à travers les examens définitifs de l’aptitude de l’étudiant de 5ème année à exercer sa profession de pharmacien, et ce, en s’assurant de ses niveaux de connaissances, tant sur le plan théorique que pratique.

Le développement extraordinaire des connaissances scientifiques et la nécessité d’inclure dans les programmes d’enseignement, d’une manière continue, les nouvelles acquisitions scientifiques et techniques, faisait obligation, comme c’est le cas de nos jours, aux autorités administratives et universitaires de mettre au point des réformes touchant aux études de pharmacie. Il est bien clair que la réforme qui a été adoptée en France a sacrifié le côté «formation professionnelle du pharmacien» au profit de sa formation scientifique, car elle avait pour objectif de préparer les futurs diplômés à une carrière des spécialistes, qui en fait n’était l’apanage que d’un nombre relativement restreint de diplômés.

La majorité de nos jeunes confrères, surtout dans notre pays, se destinait à exercer dans l’officine, qui se trouve être la première priorité pouvant répondre aux besoins de notre population. Il est en effet indéniable que dans les 20 premières années d’indépendance, c’est l’activité de pharmacien d’officine qui a absorbé l’écrasante majorité des pharmaciens.

LES DIFFICULTéS

Je citerai quelques exemples pour illustrer les difficultés qui existent actuellement pour les jeunes confrères, pour affronter leur métier.

- Un diplome unique

Dans le cas de l’officine:

Le jeune diplômé n’est pas suffisamment formé pour affronter les difficultés d’installation, car il ignore tout des problèmes financiers et de gestion qu’il est obligé de résoudre pour pouvoir s’installer. Il se trouve complètement désorienté par des informations souvent contradictoires qu’il recueille auprès de différentes personnes: confrères aînés, banques, grossistes, administration…

De plus, ignorant en général les notions inhérentes à la gestion des stocks des médicaments, il se trouve contraint de chercher un collaborateur qualifié pour l’aider dans cette tâche, ce qui est de nature à lui créer des difficultés, du reste, légitimes avec un confrère aîné, qui voit d’un mauvais oeil qu’un jeune pharmacien vienne lui débaucher son personnel en infraction aux règles de déontologie pharmaceutique.

Le problème le plus grave résulte incontestablement du fait que les facultés délivrent un diplôme unique pour des étudiants qui n’ont pas suivi le même cursus des études.

En effet, si on considère le cas d’un étudiant qui a choisi de suivre l’option biologie clinique; il suit en 5 années des cours et des stages qui l’éloignent complètement de ses camarades qui ont opté pour la filière «officine». La réglementation en vigueur fait que les diplômés quelle que soit leur «pré-spécialité» ont les mêmes droits, et en particulier celui d’exercer en officine. Or, pour celui qui a choisi la filière biologie clinique, sa formation le rend inapte à exercer en officine.

Nous touchons là le problème de l’unicité du diplôme.

Peut-on dire que trois pharmaciens, formés chacun dans l’une des trois filières: officine, biologie et industrie, ont une formation les habilitant à exercer à leur sortie de la faculté dans l’une des trois branches d’activité mentionnées ? – Il est évident que la réponse est: non. L’unicité du diplôme devra en réalité correspondre à une unicité de formation.

Le deuxième exemple que je citerai est celui des jeunes confrères qui s’orientent vers la carrière de la pharmacie hospitalière que nous devons, pour beaucoup de raisons, développer en Algérie pour la rendre de plus en plus attrayante pour les jeunes diplômés. Malheureusement, le pharmacien diplômé sortant de la faculté se trouve complètement désorienté lorsqu’il est affecté dans un poste hospitalier. Il se trouve à l’hôpital comme «un corps étranger». Ce problème n’existe pas pour les jeunes médecins qui ont été placés en stage en milieu hospitalier à partir de la fin de l’externat.

Si, on examine la situation des confrères étrangers qui ont suivi les mêmes études, on s’aperçoit qu’ils ont l’obligation pour suivre la carrière hospitalière, de passer par l’internat, ce qui leur permet d’apprendre leur métier à l’hôpital. Par ailleurs, les facultés de pharmacie en France ont déjà corrigé cette insuffisance de la formation en instituant, depuis quelques années, un stage hospitalier obligatoire pour tous les étudiants en pharmacie, à partir des premières années de formation.

Enfin, pour ce qui est de l’ouverture de l’enseignement pharmaceutique sur l’industrie, il faut aussi constater que la réforme n’a pas donné les résultats escomptés, et ce, pour deux raisons essentielles qui sont inhérentes à l’industrie. En effet, les sociétés qui fabriquent des médicaments répugnent, en général, à recevoir des stagiaires, ou si elle les reçoivent, les cantonnent dans des activités de recherche, qui leur sont en «général inutiles»; sauf s’ils ont la chance d’être recrutés par ces mêmes entreprises.

Par ailleurs, on peut constater, malheureusement, que pour les tâches de production et de contrôle, les industriels du médicament préfèrent recruter des ingénieurs qui sont mieux préparés que les pharmaciens pour les tâches de production, ou les scientifiques qui sont plus spécialisés que ne le sont les pharmaciens, dans l’utilisation pour le contrôle de médicaments de techniques et d’appareillages de plus en plus sophistiqués.

Après cette étude critique sommaire de la situation, il s’agit pour nous d’étudier les voies et les moyens nous permettant de proposer une réforme des études en vue d’améliorer la formation des pharmaciens dans notre pays.

LA RéFORME

Pour arriver à de bons résultats, il serait nécessaire de discuter et de répondre à un certain nombre de questions qui sont de nature à permettre à tous les pharmaciens d’accomplir au mieux leur mission, quel que soit le domaine d’activité qu’ils auraient choisi pour assurer leur carrière.

1) Comment arriver à réaliser une bonne formation du pharmacien d’officine dont le rôle essentiel est d’assurer le contrôle des prescriptions et la dispensation des médicaments?

2) Comment concilier entre la dispensation d’une formation pluridisciplinaire théorique dans les domaines de la synthèse, de l’extraction des molécules actives, de la mise en forme pharmaceutique et un contrôle des effets des médicaments, et de placer en même temps l’étudiant en position d’appliquer son savoir théorique et d’évaluer ses compétences face à un homme malade recevant des médicaments ?

3) Comment concilier cette formation théorique et intégrer l’étudiant en pharmacie dans une équipe hospitalière pour acquérir le savoir-faire et un certain comportement, voire une conduite à tenir vis-à-vis du malade ? Ne faudrait-il pas penser à une formation cohérente et suivie pour les pharmaciens des hôpitaux ?

4) Comment concilier la formation théorique et pratique du pharmacien, pour être en mesure de revendiquer une place de choix dans notre jeune industrie pharmaceutique, qui a besoin de se développer et de s’affirmer, tant sur le plan national que sur le plan international ?

Beaucoup d’autres questions touchent aux autres aspects des activités du pharmacien dans notre société en évolution constante. Je citerai en particulier le cas de la biologie clinique, celui de la bromatologie et de la cosmétique et de la chimie-thérapeutique, sans oublier que cette dernière activité est en pleine expansion.

A mon sens, il s’agit pour nous de proposer une solution qui nécessite obligatoirement un choix entre deux conceptions. Je me refuse évidemment à envisager une certaine conception qui consisterait à dire que la faculté dispense un enseignement qu’elle juge nécessaire pour la formation du pharmacien, sans se soucier de l’avenir du jeune diplômé et de son insertion dans la société qui a fait des sacrifices pour assurer sa formation et qui est en droit d’exiger de lui de se mettre à son service. Donc, les facultés de médecine devront, a priori, assurer la formation de cadres pharmaceutiques pour répondre aux besoins actuels de notre pays.

Quelle orientation ?

Quelles sont les orientations qu’elles doivent donner à leur enseignement pour accomplir cette mission ?

Il est nécessaire de rappeler un certain nombre de constatations. Tout d’abord, la tendance de l’écrasante majorité de nos jeunes diplômés à solliciter un emploi au terme de leurs études universitaires, qui durent en général de 5 ans après le baccalauréat. Les raisons de cet état de fait sont multiples et tout à fait défendables et il serait très long de les expliquer…

La deuxième constatation que l’on peut faire, c’est la tendance à acquérir durant les études universitaires une formation de plus en plus spécialisée. En d’autres termes, la tendance à ce que, au terme de 5 ans d’études à l’université, l’étudiant acquiert un diplôme qui le rend apte à exercer immédiatement un métier dès sa sortie de la faculté.

Ceci étant, quelle serait la solution à retenir pour la formation de nos pharmaciens ?

Le débat, en fait, tourne autour de la finalité de l’enseignement pharmaceutique. Il faudrait donc répondre à la question suivante:

- Les facultés de médecine doivent-elles continuer à assurer un enseignement théorique pluridisciplinaire et corriger les insuffisances dont j’ai cité quelques exemples, ou bien modifier leur vocation dans le sens de la formation de pharmaciens ayant déjà acquis une spécialisation durant le cursus normal des études ?

La première solution exigera, pour être réalisée, deux conditions:

1) L’allongement de la durée des études d’au moins une année.

2) La création d’enseignements spécialisés.

Ce qui suppose que le pharmacien spécialiste aura à faire des études durant une dizaine d’années après le baccalauréat. La deuxième solution entraînera obligatoirement l’abandon de la notion d’unicité de diplôme, mais aura l’avantage de permettre une formation permettant au futur diplômé d’être en mesure d’exercer convenablement une responsabilité dans un domaine pour lequel il a été bien formé.

Dans cette hypothèse, on s’habituera à une nouvelle terminologie pour désigner les membres de notre corporation, et on parlera de pharmacien d’officine, pharmacien d’industrie, pharmacien analyste, pharmacien clinicien…

Cette deuxième solution suppose un plan national de formation des pharmaciens et une orientation des étudiants dans les différentes filières de formation en fonction des besoins du pays, et une souplesse dans la conception des programmes, en vue de créer autant de filières spécialisées que l’exige le développement de nos activités professionnelles. Il est évident que pour chaque type de diplôme, il est nécessaire d’obtenir obligatoirement certaines unités de valeur, avec possibilité d’avoir des options, au choix de l’étudiant. Ainsi, pour un futur pharmacien d’officine, en plus des unités de valeur de pharmacie et de pharmacodynamie, on peut choisir une unité de valeur de gestion, d’économie de santé ou de droit pharmaceutique. Ces mêmes unités de valeur seraient nécessaires pour un futur pharmacien d’industrie. Ce type d’enseignement a ainsi l’avantage de permettre des passerelles et un étudiant ayant au départ choisi une filière et qui voudrait changer d’orientation n’a qu’à s’inscrire dans les unités de valeur qui lui sont nécessaires pour obtenir son diplôme dans la nouvelle orientation.

Pour conclure, je dira qu’il ne peut exister une solution parfaite, c’est-à-dire une solution susceptible de recueillir l’accord de tout le monde: université, corps professionnels, administration.

Il est nécessaire de fixer dès le départ la finalité de l’enseignement de la pharmacie dans notre pays, en rapport avec leur évolution, leurs besoins et leurs moyens. Il sera alors possible de discuter de toutes les solutions possibles, d’évaluer les avantages et les inconvénients de chacune d’entre elles pour en adopter une seule, sachant que dans un monde en évolution constante, cette solution sera plus ou moins vite dépassée et à son tour discutée et remise en cause pour être adaptée à cette évolution.

Et enfin les problèmes de contenu des programmes, problèmes de méthodologie et bien d’autres méritent une large participation de tous les confrères. Méditons ensemble cette affirmation d’Einstein: «L’imagination est plus importante que la connaissance».

Dr. Yahia Dellaoui, Service de thérapeutique de la Faculté de médecine d’Oran

Grippe A : De grandes populations vulnérables à l’infection

Posted on 13 octobre 2009 (0)

grippeah1n1Même si la tendance actuelle d’une maladie habituellement bénigne continue, l’impact de la pandémie au cours de la deuxième vague pourrait s’aggraver par un plus grand nombre de personnes infectées. Les grands nombres de patients gravement malades nécessitant des soins intensifs sont susceptibles d’être le fardeau le plus urgent sur les services de santé, en créant des pressions qui pourraient submerger les unités de soins intensifs et éventuellement de perturber la dispensation des soins pour d’autres maladies.

La grippe A (H1N1) affecte surtout enfants et jeunes adultes, provoquant dans certains cas des problèmes respiratoires aigus et une mortalité relativement élevée, conclut des études mexicaine et canadienne à paraître dans le Journal of the American Medical Association du 4 novembre.

Le suivi des épidémies dans les différentes parties du monde, fournit des informations suffisantes pour tirer quelques conclusions provisoires sur la façon dont la pandémie grippale pourrait évoluer dans les mois à venir. L’OMS conseille aux pays de l’hémisphère Nord de se préparer à une deuxième vague de propagation de la pandémie. Les pays à climat tropical où le virus pandémique est arrivé plus tard qu’ailleurs, doivent également se préparer pour un nombre croissant de cas. Les pays situés dans les régions tempérées de l’hémisphère Sud doivent rester vigilants.

H1N1 est maintenant la souche dominante du virus de la grippe

Les épidémies multiples démontrent que le virus pandémique H1N1 s’est rapidement installé et est maintenant la souche grippale dominante dans la plupart des régions du monde. La pandémie va persister dans les prochains mois tant que le virus continue à circuler dans les populations sensibles.

Une surveillance étroite du virus par un réseau de laboratoires de l’OMS montre que les virus de toutes les flambées restent pratiquement identiques. Les études n’ont détecté aucun signe prévoyant que le virus a muté en une forme plus virulente et mortelle.

De même, le tableau clinique de grippe pandémique est largement cohérent à travers tous les pays. L’écrasante majorité des patients continue d’éprouver des symptômes bénins. Bien que le virus puisse causer une maladie très grave et fatale, également chez les personnes jeunes et en bonne santé, le nombre de ces cas reste faible.

De grandes populations vulnérables à l’infection

Même si la tendance actuelle d’une maladie habituellement bénigne continue, l’impact de la pandémie au cours de la deuxième vague pourrait s’aggraver par un plus grand nombre de personnes infectées. Les grands nombres de patients gravement malades nécessitant des soins intensifs sont susceptibles d’être le fardeau le plus urgent sur les services de santé, en créant des pressions qui pourraient submerger les unités de soins intensifs et éventuellement de perturber la dispensation des soins pour
d’autres maladies.

Surveiller la pharmacorésistance

À l’heure actuelle, seule une poignée de virus pandémiques résistants à l’oseltamivir ont été détectés dans le monde, malgré l’administration de plusieurs millions de cures de traitement de médicaments antiviraux. Tous ces cas ont été largement étudiés, et aucun cas de transmission de virus résistants aux médicaments n’a été documenté à ce jour. Une surveillance intense continue également par le réseau des laboratoires de l’OMS.

Cette grippe pandémique est différente de la grippe saisonnière

Des données actuelles mettent l’accent sur certaines différences importantes entre les types de maladie signalés au cours de la pandémie et ceux observés au cours des épidémies saisonnières de grippe. Les groupes d’âge les plus fréquemment touchés par la pandémie sont généralement plus jeunes que pour la grippe saisonnière. Cela est également vrai pour ceux qui présentent des maladies graves ou mortelles.

À ce jour, les cas les plus graves et les décès sont survenus chez des adultes âgés de moins de 50 ans. Les décès chez les personnes âgées sont relativement rares. Cette répartition par âge est en contraste absolu avec la grippe saisonnière, où environ 90% des cas graves et mortels se produisent chez les personnes de 65 ans ou plus.

Les insuffisances respiratoires sévères

Les cliniciens du monde entier font état d’une forme très grave de la maladie également chez les personnes jeunes et en bonne santé, ce qui est rarement vu au cours des infections de la grippe saisonnière. Chez ces patients, le virus infecte directement les poumons, causant ainsi une insuffisance respiratoire grave. Sauver ces vies dépend des services hautement spécialisés et exige des soins dans les unités de soins intensifs, généralement avec des séjours longs et coûteux.

Pendant la saison d’hiver dans l’hémisphère Sud, plusieurs pays ont vu le recours aux soins intensifs comme le plus grand fardeau sur les services de santé. Certaines villes de ces pays, rapportent que près de 15 pour cent des cas hospitalisés ont besoin de soins intensifs. Les mesures de préparation nécessitent d’anticiper cette demande accrue sur les unités de soins
intensifs qui pourraient être submergées par une hausse soudaine du nombre de cas graves.

Les groupes vulnérables

Une augmentation du risque pendant la grossesse est maintenant bien documentée. Ce risque prend une importance supplémentaire pour un virus comme celui-ci, qui infecte préférentiellement les jeunes. Les données continuent à montrer que certaines conditions médicales augmentent le risque de maladie grave et mortelle. Il s’agit notamment des maladies respiratoires telles que l’asthme, les maladies cardiovasculaires, le diabète et l’immunosuppression.

En anticipant l’impact de la pandémie, car plus de personnes seront infectées, les autorités sanitaires doivent être conscientes que plusieurs de ces facteurs prédisposants sont devenus beaucoup plus répandus au cours des dernières décennies, augmentant ainsi le pool des personnes vulnérables.

L’obésité, qui est souvent présente dans les cas graves et mortels, est aujourd’hui une épidémie mondiale. L’OMS estime que dans le monde entier, plus de 230 millions de personnes souffrent d’asthme, et plus de 220 millions de personnes souffrent de diabète.

En outre, les conditions telles que l’asthme et le diabète ne sont généralement pas considérés comme des maladies mortelles, surtout chez les enfants et les jeunes adultes. Les décès des jeunes par ces pathologies, précipitées par une infection par le virus H1N1, peut être une autre dimension de l’impact de
la pandémie.

Risque plus élevé d’hospitalisation et de décès

Plusieurs études antérieures montrent un risque plus élevé d’hospitalisation et de décès chez certains sous-groupes, notamment les groupes minoritaires et les populations autochtones. Dans certaines études, le risque de ces groupes est de quatre à cinq fois plus élevé que dans la population générale.

Bien que les raisons ne soient pas pleinement comprises, les explications possibles de ce phénomène comprennent des normes de vie plus faibles et un mauvais état de santé en général, y compris une forte prévalence d’affections telles que l’asthme, le diabète et l’hypertension.

Conséquences pour le monde en développement

Ces résultats sont susceptibles d’avoir un intérêt croissant à mesure que la pandémie gagne du terrain dans le monde en développement, où des millions de personnes vivent dans des conditions défavorisées et qui ont des problèmes de santé multiples, avec un accès limité aux soins de santé de base.

Autant de données à jour sur la pandémie proviennent des pays riches ou à revenu intermédiaire, la situation est moins connue dans les pays en développement qui auront besoin d’être très étroitement surveillés. Le même virus qui cause une faible perturbation dans les pays riches pourrait avoir un impact dévastateur dans de nombreuses régions du monde en développement.

Dr. Noureddine Ben JEMAA , en collaboration avec les chercheurs Mohamed Kouni CHAHED et Hédi ELBEZ

Grippe A : Situation générale au niveau international

Posted on 02 octobre 2009 (0)

H1N1.4Trois vaccins contre la grippe A (H1N1) ont reçu le feu vert de l’Agence européenne du médicament (EMEA) au moment où l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annonce 4.100 décès liés à la pandémie grippale. Le vaccin sans adjuvant Celvapan du laboratoire Baxter est particulièrement attendu sur le marché européen. Les deux autres vaccins sont Focetria de Novartis et Pandemrix de GlaxoSmithKline (GSK).

Situation générale au niveau international

Le virus de la grippe A (H1N1) continue à être le virus grippal prédominant dans l’hémisphère Sud où la vague épidémique A (H1N1) est sur le point de prendre fin, à l’exception de quelques pays seulement. Dans l’hémisphère Nord en revanche, la circulation du virus H1N1 est modérée mais la tendance est à l’augmentation dans certains pays, notamment aux Etats-Unis, au Japon et au Mexique. En fin de semaine 38 (du 14 au 20 septembre), le total mondial cumulé de décès depuis le début de la pandémie est de 4 094 (InVs). Il est aujourd’hui de 4.100 dans 191 pays et territoires.

SITUATION EN EUROPE

Situation générale : En semaine 37 (du 7 au 13 septembre), 7 pays ont rapporté une augmentation de leur activité grippale : la France, l’Angleterre, l’Irlande, la Norvège, la Suède, les Pays-Bas et Malte. Pour la semaine 38 (14 au 20 septembre), certains de ces pays ont eu une incidence des syndromes grippaux dépassant le seuil épidémique pour les niveaux habituels de cette période, il s’agite de la France, l’Irlande, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède. Plusieurs autres pays dont la Belgique, l’Allemagne, la Russie, la Slovénie et l’Ukraine ont rapporté une augmentation des infections respiratoires aigues.

En France : La circulation en communautaire du virus A (H1N1) 2009 se poursuit. Du 14 au 20 septembre 2009, l’incidence des consultations pour grippe clinique, déjà nettement au dessus du seuil épidémique a continué à augmenter. Le virus A (H1N1) 2009 représente la quasitotalité des virus grippaux circulants détectés pendant la
semaine 38. D’autres virus respiratoires non grippaux, sont également en circulation, en petit nombre, et notamment le rhinovirus.

En Angleterre : Après une diminution des taux de consultations pour syndrome grippal enregistré à partir de la semaine 33, l’épidémie a repris une tendance à l’augmentation en semaine 37 (du 7 au 13 septembre), notamment chez les enfants d’âge scolaire, en restant toutefois à des taux en dessous du seuil épidémique saisonnier. Les taux de consultations pour syndrome grippal continuent à augmenter en Écosse et en Irlande du nord et à diminuer au Pays de Galles mais ils restent toujours en dessous du seuil épidémique saisonnier dans ces trois pays.

En Allemagne : Le nombre de cas d’infection par le virus A (H1N1) 2009 est toujours en décroissance depuis que le pic d’est passé en semaine 31 (du 27 juillet au 2 août). A l’heure actuelle, on signale une augmentation des cas parmi les enfants d’âge scolaire.

En Espagne : Durant la semaine du 6 au 12 septembre, on a rapporté une baisse du taux de consultations pour grippe par rapport à la semaine précédente) ; 92 % des syndromes grippaux sont dus au virus A (H1N1) 2009 ;

En Italie : les autorités sanitaires estiment au 13 septembre, à environ 8 100 le nombre de cas cumulés de grippe A (H1N1) 2009, soit une augmentation de plus de 1 000 cas par rapport à la semaine précédente.

Au Portugal : Les autorités sanitaires estiment en semaine 36 (du 31 août au 6 septembre) à 7 500 le nombre de cas cumulés A (H1N1) 2009 depuis le début de l’épidémie.

En Belgique et en Suisse : L’incidence hebdomadaire des consultations pour grippe parait stable.

Dans les Balkans : Les pays rapportent globalement, une activité grippale faible. Cependant, la Slovénie rapporte une augmentation des infections respiratoires graves.

SITUATION DANS LES PAYS ARABES

Au Maghreb : La situation est stable et les cas enregistrés sont quasi exclusivement des cas importés, il a été enregistré en Algérie 49 cas, au Maroc 143 cas (au 17/9/2009), en Libye 19 cas (au 24/8/2009) et en Tunisie 73 cas (au 23/9/2009). En Tunisie un premier cas groupé en milieu scolaire a été signalé le 18/9/2009, dans un lycée Français de la capitale.

Autres pays arabes : Les pays arabes qui ont signalé des cas et des décès sont dans l’ordre : Arabie Saoudite (4119/28), le Koweït, (2451/ 7) Oman (1617, 19), Égypte (860/2), le Liban (761/ 2) la Qatar (450/2), Bahreïn (253/3), l’Iraq (185/1), la Jordanie (185/0), le Yémen (144/2), l’autorité Palestinienne (130/1) les Émirats Arabes Unis (125/6), la Syrie(40/2), Djibouti (7/0) et le Soudan (4/0)
SITUATION EN AMERIQUE

Au cours de la semaine du 6 au 12 septembre 2009, on a observé une nette augmentation des affections respiratoires aux Etats-Unis, au Honduras, au Mexique et au Pérou. L’activité grippale au Mexique est en augmentation et plus de 3 000 nouveaux cas ont été enregistrés en une semaine, ce qui a nécessité la fermeture de plusieurs établissements scolaires. L’épidémie de grippe A, prédominante dans les états du Sud-Est, a tendance à s’étendre au Nord dupays.

Aux Etats-Unis, on a observé une augmentation de l’activité grippale dans les régions du Sud, du Sud-Est et quelques Etats du Nord-Est des USA, avec un dépassement des seuils habituellement observés à cette époque de l’année.

Au Canada, l’activité grippale reste est relativement stable et faible en dessous du seuil habituel de l’épidémie saisonnière.

Ailleurs sur le reste du continent américain, l’activité grippale diminue progressivement en Bolivie et la diminution se poursuit également au Costa Rica, au Salvador, ainsi qu’au Panama, au Venezuela et en Argentine.

SITUATION EN ASIE

Au cours de la semaine 37 (du 7 au 13 septembre), la pandémie A (H1N1) 2009 a continué à augmenter au Népal, et elle a commencé à diminuer au Sri Lanka. Dans la plupart des autres pays en dehors de la Chine et du Japon et durant les semaines 35 et 36, le virus a continué à circuler à un niveau comparable
au niveau attendu pour la saison.

Au Japon, où le seuil épidémique est dépassé depuis la mi-août, le nombre de cas de grippa A (H1N1) continue à augmenter dans certaines zones. La Chine continentale n’a pas encore déclaré de décès.

SITUATION EN OCEANIE

En Australie et en Nouvelle-Zélande, la tendance à la diminution se confirme y compris dans les régions touchées les plus tardivement.

SITUATION EN AFRIQUE SUB-SAHARIENNE

En Afrique sub-saharienne, en semaine 38 (du 14 au 20 septembre), 23 pays ont déclaré des cas de A (H1N1) 2009 ; le nombre de cas et de décès sont par ordre décroissant : Afrique du Sud (11253, 47), Tanzanie (97), Kenya (85), Île Maurice (69, 8), Mozambique (63, 2), la Namibie (58, 1), le Cap Vert (46), Madagascar (16, 1), la Zambie (16), le Ghana (14, 1), l’Ouganda (14), l’Angola (11), le Zimbabwe (5), le Cameroun (4), l’Éthiopie (4), les Seychelles (3), la Côte d’Ivoire (2), la République Démocratique du Congo (1), le Gabon (1), et le
Malawi (1).

L’activité grippale due à A (H1N1) 2009 paraît stable en Afrique du Sud par rapport à la semaine dernière. Dans ce pays, 20 des 47 décès cumulés sont survenus chez des femmes enceintes. A Madagascar, en semaine 36, les consultations pour syndromes grippaux ont augmenté.

Dr Mohamed Kouni CHAHED, en collaboration avec Dr Noureddine Ben JEMAA, Dr Hédi ELBEZ, Mr Soufiane DRIDI, Mlle Leila AYARI, et Mlle Hamida Ben SALAH