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Sarkozy débloque 730 millions pour le Plan Cancer

Publié le 03 novembre 2009 par Flux RSS santé (0)

cancer-bsLe président de la République Nicolas Sarkozy veut assurer le transfert rapide des avancées de la recherche au bénéfice de tous les malades. Il débloque 732 659 000 euros pour la lutte contre le cancer, dont 95 287 000 € pour la recherche, 12 241 000 € pour l’Observation, 177 359 000 € pour la Prévention et le Dépistage, 402 772 000 € pour les soins, et 45 000 000 € pour Vivre pendant et après un cancer.

La programmation de la recherche sur les cancers a pour objectifs de réduire la mortalité liée à ces maladies, de faire reculer leur fréquence et d’améliorer la survie et la qualité de vie des patients par des traitements plus efficaces etmoins toxiques. Enfin, elle vise à favoriser l’équité pour tous les citoyens face à la prévention, à l’accès au diagnostic précoce et à un traitement innovant et efficace.

Près de 5 000 chercheurs travaillent en France dans le domaine de la lutte contre le cancer, au sein des hôpitaux, des universités, de l’Inserm, du CNRS, du CEA, de l’INRA, de l’INRIA, de l’IRD, et de l’Institut Pasteur, regroupés au sein de l’Alliance des organismes sur la thématique Cancer. L’un des grands enjeux actuels de la recherche sur le cancer porte sur l’équilibre entre le soutien important à la recherche fondamentale, génératrice de progrès souvent imprédictibles, et une recherche appliquée dont l’objectif est d’aboutir rapidement à des médicaments ou techniques ayant des conséquences sur le traitement des patients. Dans le premier cas, l’imagination et la créativité des chercheurs doivent être sans cesse priorisées. Dans le second, la programmation des travaux et leur accompagnement sont essentiels pour cibler un bénéfice diagnostique ou thérapeutique. Dans les deux cas, l’excellence des projets et la compétence des chercheurs et des équipes sont à privilégier.

Pour répondre à ces objectifs, des évolutions sont nécessaires, notamment le soutien affirmé à des centres de recherche intégrée bien identifiés où sont présentes des forces vives dans le domaine fondamental, la recherche en interaction directe avec lesmalades (recherche clinique) et la recherche épidémiologique, en santé publique et en sciences humaines et sociales, et capables d’échanger entre elles, de collaborer et de progresser ensemble. De ces interactions et de cette préoccupation commune doivent émerger des recherches susceptibles d’être rapidement transposées pour le patient sous forme d’examens diagnostiques, demédicaments, d’actions sociales ou de santé publique (prévention et dépistage). Le développement de la recherche moderne nécessite la totale participation des patients et des personnes non malades.

Le rapport Grünfeld a priorisé la réduction des inégalités de santé face au cancer. La recherche est au coeur de cette problématique en permettant une collaboration pluridisciplinaire entre des spécialistes en biologie, en génétique, en immunologie, de l’environnement, en toxicologie, des cliniciens, sociologues, économistes, associations de patients, etc. La compréhension de ces inégalités doit permettre d’apporter des réponses adaptées et efficaces en cohérence avec les autres volets du Plan cancer.

Le Gouvernement veut renforcer la recherche translationnelle par des financements dédiés sur appels à projets et par une politique de sites de recherche pluridisciplinaires labellisés.

La structuration de cette approche repose d’une part sur des appels à projets compétitifs dédiés et récurrents permettant l’association sur un même projet de réseaux d’équipes de centres hospitaliers (où se trouvent les malades, les acteurs de la recherche clinique, les ressources cliniques et biologiques) et d’équipes de recherche des organismes (où se trouvent chercheurs fondamentalistes, plateaux techniques) ; d’autre part sur une politique compétitive de labellisation de sites de recherche pluridisciplinaires où les différentes dimensions de la recherche sont associées (fondamentale, clinique, santé publique, épidémiologie, sciences humaines et sociales) et où les masses critiques nécessaires de médecins, malades, chercheurs, sont engagées dans les contraintes – notamment de compétitivité et d’assurance qualité – de la recherche translationnelle. Ces sites devront répondre à un cahier des charges élaboré selon les critères internationaux.

Il faudrait soutenir, par l’attribution de bourses, la formation des acteurs de la santé et de la recherche à la recherche translationnelle.

L’engagement dans cette nouvelle action sera soutenue par une politique active et financée de formation : le succès à terme sera lié au nombre de jeunes nouveaux médecins, pharmaciens et scientifiques engagés dans et formés à cette démarche.

Le nouveau Plan Cancer devrait permettre de structurer et stimuler la recherche dans les phases précoces d’essais de nouveaux médicaments anticancéreux.

De nombreux médicaments anticancéreux sont en cours de développement dans le monde : la majorité d’entre eux vise des cibles nouvelles issues des découvertes de la biologie et se différencient de façon radicale de l’usage de la chimiothérapie anticancéreuse (cytotoxique) classique. Avant leur développement à grande échelle, il est de plus en plus essentiel de réaliser des « essais précoces » de ces nouveaux médicaments (phases I-II), dont seront issues des informations cruciales sur les cibles d’activité antitumorale de ces nouvelles drogues, et de « cibler » au mieux les catégories de malades qui vont en bénéficier.

La France manque de structures lisibles et compétitives pour répondre à ces attentes partagées par les industriels. Il est ainsi proposé de labelliser puis soutenir des centres investigateurs spécialisés dans les essais précoces des nouveaux médicaments. Cette démarche suppose une identification de sites où les ressources de la recherche publique nécessaires à l’investigation précoce en partenariat avec les industriels sont présentes et mobilisables.

Il va falloir établir des partenariats de recherche et développement entre les laboratoires internationaux et les acteurs de la recherche en cancérologie fédérés dans l’ITMO Cancer (LIR-G5-LEEM).

L’objectif est de mettre en valeur la recherche française pour la rendre plus attractive et faciliter les échanges avec les laboratoires internationaux. Ces partenariats permettront de faire bénéficier les patients et les chercheurs en France de nouvelles molécules fournies par ces laboratoires. La lisibilité et la compétitivité, permises par l’identification et le financement public de sites, devraient faciliter les engagements des industriels à utiliser ces compétences et à leur mettre à disposition leurs molécules.

Il faudra renforcer les interactions entre les structures de valorisation de la recherche publique et les acteurs économiques pour suivre et accompagner les projets à potentiel de développement économique. Cette étape essentielle sera favorisée notamment en termes d’accompagnement de projets et facilitée par le rassemblement des acteurs.

Source : le Plan Cancer 2009-2013 présenté par le président de la République, Nicolas Sarkozy

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