Pas de coupure de gaz russe en Europe
L’Ukraine vient de régler sa facture de 500 millions de dollars à la Russie qui menaçait les pays européens de coupures de gaz pour cet hiver. Le paiement a été effectué par la compagnie Naftogaz, détenue à 100% par le gouvernement ukrainien et mondialement connue pour le transport de gaz naturel, ainsi que pour l’extraction, le raffinage et le transport de pétrole.
La société Naftogaz a effectivement payé vendredi les 500 millions de dollars réclamés par la Russie, a annoncé le premier ministre Ioulia Timochenko. Suite à un différend entre l’Ukraine et Gazprom sur le prix à payer en 2009 et faute de paiements d’une partie des livraisons de 2008, Gazprom a dû stopper les livraisons du gaz naturel à l’Ukraine. Mais le transit du gaz naturel via l’Ukraine a recommencé. L’accord signé avec la Russie a contraint l’Ukraine à débourser 360 USD/1000 m³ pendant le premier trimestre de l’année 2009. Le prix a progressivement baissé suivant la tendance mondiale du prix du pétrole mais reste assez élevé pour les Ukrainiens.
Le groupe espagnol Gas Natural a signé avec le géant russe Gazprom un accord de collaboration commerciale dans le domaine du gaz naturel liquéfié (GNL) qui serait le prélude à une collaboration «étroite».
Les dépêches d’agences, partant de l’existence d’un contentieux entre le groupe espagnol et Sonatrach sur le prix du gaz ainsi que de la remise en cause du contrat de Gassi Touil, ont évoqué une volonté de Gas Natural de «s’affranchir» du gaz algérien. L’assertion mérite d’être nuancée. Les Espagnols, qui importent plus de 34 % de leur gaz de l’Algérie, peuvent être naturellement et rationnellement amenés à rechercher la diversification de leurs sources d’approvisionnement et Gazprom leur en offre l’opportunité. C’est aussi le cas de l’Allemagne qui cherche, en Algérie, à réduire sa trop grande dépendance à l’égard de Gazprom.
L’option de la diversification des sources d’approvisionnement est au coeur de toutes les stratégies. A contrario, les producteurs cherchent également à ne pas être confinés à un marché donné. Dans cette optique, l’accord entre Gazprom et Gas Natural est dans l’ordre des choses et dans la tendance qui existe chez de nombreux pays européens. Dans ce domaine, Gazprom et Sonatrach peuvent se retrouver ponctuellement dans la position de concurrents circonstanciels. Mais la compétition qui peut exister entre les deux groupes ne doit pas faire perdre de vue que Gazprom, autant que Sonatrach, cherche à obtenir une meilleure rémunération des prix du gaz. Il est donc totalement exclu que l’accord entre Gazprom et Gas Natural puisse conduire le groupe russe à donner en quelque sorte raison aux Espagnols dans le litige sur le prix qui les oppose aux Algériens.
On sait que Sonatrach a demandé une revalorisation du prix de 20 %, à effectuer en deux étapes. Gazprom envisage d’ailleurs d’augmenter les prix du gaz qu’il vend en Europe. Le PDG de Gazprom, Alexeï Miller, a annoncé au début du mois de juillet qu’à la fin «2008 le prix du gaz en Europe dépassera 500 dollars» pour mille mètres cubes de gaz. Tout comme Sonatrach, Gazprom subit une érosion de ses revenus en termes réels du fait de la dévaluation du dollar. Les producteurs de gaz subissent une hausse des coûts qu’ils cherchent, très naturellement, à compenser par un relèvement des prix. De ce point de vue, l’accord commercial entre Gas Natural et Gazprom ne risque pas d’entraîner chez le géant russe de révision stratégique sur un thème où il est d’ailleurs plus exigeant que son homologue Sonatrach. Gas Natural a estimé que la signature de l’accord avec Gazprom montre «l’intérêt des deux compagnies pour développer une étroite collaboration stratégique au cours des deux prochaines années, tant dans le domaine du GNL que dans d’autres activités». Le groupe espagnol indique chercher des possibles collaborations dans d’autres activités (que le GNL) comme des opérations par gazoduc, d’électricité ou le commerce de droits d’émission de CO2. Les conditions financières de ce contrat n’ont pas été révélées et devraient permettre, selon Gas Natural, de «conclure des transactions de manière fluide pour saisir des opportunités concrètes quand les conditions de marché seront favorables».
Pour Gas Natural, «la signature de l’accord avec Gazprom s’inscrit dans le plan stratégique 2008-2012, dont l’objectif fondamental est de transformer Gas Natural en un opérateur international de gaz naturel et de GNL verticalement intégré», c’est-à-dire présent sur l’ensemble de la chaîne gazière, de la production à la commercialisation. «Le pari pour une intégration verticale équilibrée constitue un avantage clé dans un environnement compétitif et volatil», estime Gas Natural.
Signalons par ailleurs de souligner que l’Ukraine est un pays menacé par la pandémie de grippe A (H1N1) qui a déjà fait 109 morts dans le pays. Une mission de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est arrivée lundi dans la capitale ukrainienne où les statistiques ne distinguent plus les personnes atteintes d’une « infection respiratoire aiguë » de celles contaminées par la grippe pandémique. Au moins 28 836 personnes sont hospitalisées.
Manga Sylvie (Paris) et M. Saâdoune (Alger)

Commentaires récents